Ça monte des deux cotés,
vers le haut et vers le bas, c’est incroyable ce que le sang semble épais presque solide lorsqu’il s’écoule en masse, il coule vers le haut ainsi que vers le bas, puis ( et respectant ainsi
l’élémentaire loi de l’apesanteur ) seulement vers le bas, ça coule , ça se laisse couler, lentement d’abord, puis de plus en plus vite, de moins en moins coordonné, il y a une goutte qui s’enfuit
vers la gauche, deux vers la droite et une, innocente , qui continue tout droit son petit cheminement jusqu’au creux de ma main , je serre le poing, cette goutte ne m’échappera pas, je presse le
poing, de sous la peau tu sors tu finira incrustée dedans petite goutte rouge au goût métallique. Il y en a d’autres qui n’iront point dans ma main et qui terminent leur route par terre, après une
chute d’un mètre vingt sur le parquet, ploc ; ploc ; ploc, ça s’écoule régulièrement, les tracés des gouttes d’hier guident celles d’aujourd’hui, ploc ; ploc ; ploc ; qu’y
a t’il de plus paisible que du sang qui s’égoutte par terre, qu’y a t’il de plus apaisant qu’un bras qui s’évide lentement ( mis à part les yeux qui le regarde) Ca ne
fait même pas mal, il n’y a que du sang qui coule vers le bas après avoir laissé une petite bordure rouge, qui durcit doucement et ça vire déjà au noir , du coté supérieur de la tranchée. Il n’y a
qu’un seul coup à porter, un mouvement rapide et ciblé sur le bras, les dents du couteau arrachent un peu de chaire, ça fait un mal de chien, ça pique tellement, et dans le casque ça jouait le
quatrième mouvement, un véritable anesthésiant, y’a la violence qui se voit sur le bras et celle qui s’entend dans mon crane, ploc ;ploc ; ploc ; ça coule, trait par trait, goutte
par goutte, y’a u ne petite flaque par terre, le sang tombe toujours ou presque au même endroit….
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